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10 May 2010, 2:54:35

Les lanternes Apollo améliorent les vies au Népal

Chez Black Diamond, nous cherchons toujours à innover et à progresser, nous avons donc été emballés à l'idée d'aider Mitch Silver quand il nous a présenté son projet innovant: utiliser l'énergie solaire pour recharger les lanternes Apollo à Namarkhu, un petit village au Népal, afin de réduire les risques pour la santé et les coûts de l'éclairage au kérosène. Il avait besoin de lanternes rechargeables qui soient durables, efficaces au niveau énergétique et qui diffusent une lumière puissante de qualité-il avait donc besoin de l'Apollo.

Voici le rapport de Mitch sur cette action qu'il vient de mener à Namarkhu. Nous sommes heureux et fiers de participer à ce beau projet innovant. Nous le voyons comme un test pour des projets à plus grande échelle et nous sommes vraiment emballés à l'idée de contribuer à l'amélioration de la vie des gens dans d'autres villages du Népal ou ailleurs dans le monde.


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La problématique:

Le paysage du développement Himalayen est jonché de projets de développement qui ont connu un succès limité, voire un échec total pour des raisons allant de l'incapacité à travailler avec les structures locales, aux concepts inadaptés, mauvaises applications, défaillances technologiques et d'entretien etc... J'aimerais vous présenter ici un projet simple, assez rapide et facile à mettre en œuvre, qui offre d'importants avantages et qui permet de générer des économies directes pour les villageois.
Commençons avec les besoins. La majeure partie du Népal rural est dépourvue d'électricité et les villageois comptent sur les "tukis" au kérosène pour s'éclairer, sous la forme de lampes à mèche. Sans rentrer dans le détail des désavantages des tukis, je vais énumérer quelques-uns des inconvénients du Kérosène. La qualité et la luminosité de l'éclairage sont minimales, rendant la lecture difficile, la cuisine délicate et tout travail précis quasiment impossible. Le Kérosène qui brule dégage une épaisse fumée noire qui irrite les poumons et les muqueuses. Les risques d'incendie pour la maison et pour les utilisateurs, y compris les jeunes enfants, sont importants. Dernier point de cette liste, le coût du kérosène est extrêmement élevé et il augmente rapidement. Les villageois ont peu de moyens et leurs dépenses en kérosène pour l'éclairage augmentent, représentant une part de plus importante de leurs dépenses mensuelles.
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La solution:

Cherchons la meilleure alternative possible à l'éclairage au kérosène. Au cours des dernières années, le bilan énergétique de l'éclairage a connu une petite révolution grâce aux LEDs (diodes émettant de la lumière). Les prix chutent et l'efficacité énergétique augmente. Après beaucoup de recherches, j'ai trouvé que les meilleurs lanternes pour ce projet seraient les lanternes rechargeables Apollo de Black Diamond . Donc, une fois fait ce choix du meilleur éclairage, restait à trouver comment alimenter ces lampes. L'ère de l'énergie solaire est arrivée. Tout comme l'éclairage grâce aux LEDs, l'énergie solaire devient plus efficace et moins chère, et la disponibilité de l'équipement est assez répandue. L'éclairage avec des LEDs alimentées à l'énergie solaire offre désormais des possibilités de localisation presque illimitées.

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L'aboutissement:

Après 10 jours au village de Namarkhu, je suis très heureux de dire que le succès de l'opération a dépassé nous attentes. L'organisation sociale au sein du village s'est faite en douceur et avec efficacité, bien que les réunions de village demandent beaucoup de patience au Népal. Le transport vers le village a nécessité quatre allers-retours pénibles. Chaque voyage a pris une journée entière avec un long trajet en bus, des heures en jeep surpeuplée et aux suspensions défoncées et enfin trois heures de marche. Ironie du sort, j'avais choisi la région pour sa facilité d'accès mais beaucoup de villages au Népal sont encore plus difficiles d'accès. Les réunions de mise en œuvre et d'organisation impliquaient initialement la totalité du village. D'autres réunions se sont tenues pendant trois jours avec les chefs du village et/ou le groupe de tête. Je me suis ensuite rendu à Damauli où j'avais envoyé les panneaux solaires, les batteries et les accessoires. Le lendemain, nous avons réservé une jeep pour transporter l'équipement solaire et les lanternes et sommes retournés au village de Namarkhu.

Le système solaire peut facilement charger 12 Apollos par jour, voir sensiblement plus. La capacité de charge du système va nécessiter une courbe d'apprentissage en fonction de la saison et du temps qui va déterminer la quantité d'heures d'ensoleillement par jour. De par sa conception, le système devrait avoir assez de capacité pour permettre aux lanternes de tenir la charge avec peu ou pas de soleil pendant trois jours.

Chacun des 58 ménages dans le village a été équipé d'une lanterne Apollo qui a la capacité d'être chargée jusqu'à 1000 fois. Nous avons distribué les Apollos aux villageois excités sur une période de plusieurs heures puis nous les avons formés un par un à leur utilisation. Certains des plus âgés ont eu quelques difficultés mineures à comprendre le système d'allumage et la technique mais quelques minutes de formation ont résolu ce problème. Le groupe de tête a déterminé ou placer la station de chargement solaire dans le village et quel couple serait en charge de s'en occuper. Douze lanternes ou plus sont collectées chaque matin puis récupérées dans l'après midi une fois complètement rechargées. Le couple qui s'occupe de charger les lanternes en tire quelques bénéfices compensatoires: ils ont des lanternes supplémentaires pour leur usage personnel, de telle sorte qu'ils n'ont aucun coût de kérosène, et ils reçoivent 10 rupees à chaque fois que quelqu'un veut charger son téléphone portable.

Le groupe de tête a choisi de demander aux villageois 1 000 rupees (environ 14 dollars) par ménage pour être inclus dans le projet. Ils ont décidé que 200 rupees (Rps) sur 5 mois était raisonnable et que si quelqu'un n'était pas capable de les payer, une alternative de travail lui serait proposée. Ces 200 rupees représentent le coût de kérosène mensuel pour une Tuki qui est donc remplacée par l'Apollo. Après 5 mois, une fois les paiements terminés, les économies vont commencer. Afin d'assurer un niveau de durabilité, des frais de maintenance de 10 rupees (environ 14 Cents) sont demandés à chaque chargement. Ces montants seront mis de coté par le groupe de tête pour de futurs remplacements de batteries ou de lanternes ainsi que pour l'entretien à long terme de la station solaire.

Le groupe de tête va amasser plus de 50 000 Rps dans les cinq prochains mois grâce aux Apollos. Ils ont décidé que le meilleur usage pour cet argent était d'installer un nouveau système d'eau potable pour le village. Le gouvernement avait déjà alloué 50 000 Rps pour ça et j'ai suggéré qu'ils sollicitent leurs relations travaillant à l'étranger pour le complément nécessaire. Un effet d'entrainement a été mis en route qui devrait permettre à leurs nouvelles lumières de financer un meilleur système d'eau.

Nous avons calculé le coût horaire de l'éclairage au kérosène et les premiers résultats, basés sur le coût actuel du kérosène à 90 Rps le litre, le situent autour de 1,5 Rps par heure. Le droit de chargement de 10 Rps (qui doit arriver tous les 5-7 jours) revient à environ 0,33 Rps de l'heure. L'usage d'une Apollo va donc faire économiser plus d'1 Rps par heure ou plus de 150 Rps par mois. Une Apollo supplémentaire par ménage supprimerait presque les besoins de kérosène. Les économies sont significatives mais elles ne doivent pas faire oublier les avantages au niveau de la santé, des risques d'incendie, de la meilleure qualité de l'éclairage et donc des bénéfices éducatifs pour les étudiants.

Nous avons déjà été approchés par d'autres villages voisins qui souhaitaient s'équiper de lanternes. Je pense que le mot va se répandre très vite et que la demande va être incroyable. Les principales difficultés pour moi ont été d'éviter les piqures d'insectes et d'essayer d'honorer toutes les invitations que j'ai reçues des villageois à venir prendre thé, snacks, diner et boissons (la boisson locale à base de millet distillé s'appelle kodo ko rakshi).

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