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29 mai 2010, 4:45:54 - publié par BD crew

L’athlète BD Ptor Spricenieks skie le Col des Pinchettes à La Grave, France

L'athlète BD Ptor Spricenieks nous a envoyé le récit et la vidéo de sa (possible) première descente du Col des Pichettes à La Grave, en compagnie de Colin Samuels et de Mathieu Bonnetbleu. L'une des photos de Colin a fait la couverture de notre catalogue ski-rando 2009.


 

Ce n'est pas souvent qu'une couverture émerge du passé. C'est pourtant le cas cette année avec le catalogue ski-rando de Black Diamond. Cette photo intense prise par Colin Samuels de Mathieu et moi dans le crux du Col des Pichettes me rappelle avec bonheur cette descente exceptionnelle.cover

 

C'était le printemps 2004 à La Grave et je marinais dans l'ambiance triste de fin de saison. De plus, nous venions de nous séparer avec mon amie et je vivais dans un camping car cassé parqué devant la pizzéria. Le mois de mai est le moment où les grandes classiques des Alpes sont en conditions et cette année-là ne fit pas exception. Quand la pluie s'est arrêtée, Mathieu, mon compagnon de randonnée habituel et moi, nous sommes aventurés dans les vallons de l'Homme, une vallée discrète cachée derrière la pointe de la Meije, avec pour but le Col Claire. Les sommets étaient recouverts d'une magnifique poudreuse collée par les températures glaciales qui faisaient leur retour.

Le Col Claire offrait une poudreuse profonde de 50 cm exceptionnellement stable et en sortant, nous avons remarqué que le Col des Pichettes, tout près, et sa longueur de glace (cotée 3/4) qui la coupe en deux, était également en conditions parfaites. Avec les températures qui allaient rester froides, nous contactons Colin, le troisième larron habituel qui avait déjà réfléchi au problème, et organisons notre aventure. La fenêtre météo n'allait pas être gaspillée.

Après un départ alpin dans le noir, nous arrivons au pied d'une ligne de 1000 m à l'aube et continuons tout droit dans la même poudreuse vierge que la veille. Au crux, la cascade de glace semble être en conditions idéales. Les skis sur le dos, Colin prend la tête. Après avoir gravi la longueur de glace, je reste installer un corps mort pour le rappel pendant que les autres commencent à tailler des marches dans les 55° minimum de la pente. Je les rejoins rapidement et prends mon tour pour faire la trace.

Près du sommet du Col, l'angle change et nous nous retrouvons en plein soleil. Craignant que cette chaleur ne transforme la neige, nous mangeons rapidement et partons. Alors que les virages se resserrent sous la large ouverture, l'absence étonnante de slough conserve intacte la poudreuse de surface pour le troisième skieur, même si nous alternons l'ordre de de descente. Incroyablement raide, rocheux et étroit, cette pente aurait été effrayante avec n'importe quel autre type de neige. Alors que j'arrive au crux en premier, j'installe la corde et me lance dans cette partie vraiment exposée, puis j'attends en bas.

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La seconde partie était une série d'étages suspendus qui demandaient une bonne stabilité de neige. Nous rencontrons notre premier problème quand le pied de Mathieu sort de sa vieille fixation Emery. Heureusement, il a pu descendre récupérer son ski bloqué par chance au dessus d'une falaise de 100 mètres. Nous avons ensuite profité de 800 m de neige jusqu'à la rivière où une journée ensoleillée de printemps nous attendait.

Voici donc les photos de Colin, mes propres photos et une vidéo de ce jour tellement spécial. Nous n'avons pas d'informations concernant de précédentes descentes dans ce couloir. C'était sans aucun doute l'un des meilleurs runs de ma vie, d'abord car c'était un projet de randonnée mêlant ski et glace (ce que je préfère), ensuite grâce à l'ambiance et aux conditions... et surtout parce que je l'ai partagé avec des amis. La récompense ? Un délicieux festin pour mon âme obsédée de ski. Enjoy !

 

Photos