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PRINTEMPS 2016

Ce printemps, Black Diamond poursuit sa série de films en ligne consacrés à des histoires humaines touchant au plus près l’escalade et le ski de randonnée. Au-delà des couchers de soleil et du quotidien au camp de base, BDTV dresse le portrait de grimpeurs, d’ouvreurs et autres héros locaux pour qui l’escalade est plus qu’une passion : c’est un mode de vie.

Des falaises abruptes de Rifle dans le Colorado à la forêt de Fontainebleau, BDTV parcourt le monde à la découverte de ces personnages et nous fait partager les joies, les peurs, les décisions et les sacrifices qu’implique la vie d’un grimpeur engagé. D’une grande qualité cinématographique, chaque film est accompagné d’images de photographes renommés tels que Mattias Fredriksson. “Quand il s’agit de ski ou d’autres sports d’action, la plupart du temps, c’est l’action qui domine,” explique Fredriksson, “mais avec BDTV, c’est l’histoire qui est mise en avant.”

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Photographie : Mattias Fredriksson, Thomas Senf & Andy Mann
Vidéographie : Spindle

Jacky Godoffe est né en novembre 1956, dans un village juste à la sortie de Fontainebleau. Dès son plus jeune âge, la forêt tient une place prépondérante dans sa vie : un lieu pour les sorties familiales et les longs après-midis passés à explorer les sentiers et les blocs. La mère de Jacky est femme au foyer, son père est un ingénieur aéronautique qui a travaillé sur le Concorde - une carrière qui a permis d’ouvrir l’horizon de Jacky à des cultures et à des expériences au-delà de la vie d’un village.

En dépit d’une enfance passée parmi les blocs de Fontainebleau, Jacky n’a pas appris l’escalade avant l’âge de vingt ans. “Ça a été un coup de foudre,” se souvient-il. “J’ai commencé à grimper trois fois par semaine, puis presque tout le temps.” Ayant pratiqué la gymnastique en compétition, Jacky a progressé rapidement grâce à la combinaison de sa force physique et de son esprit compétitif. “J’avais en moi cette volonté de franchir des limites, d’aller plus loin et de faire des choses plus difficiles que n’importe quelle autre voie qui se faisait à l’époque. En compétition, je voulais gagner. Sur des blocs difficiles, je voulais trouver des blocs encore plus difficiles que les autres.”

Mais Jacky a découvert quelque chose d’autre dans la forêt, une nouvelle motivation en marge de son expérience de compétiteur. “Avec l’escalade,” confie Jacky, “J’ai pris conscience qu’il y avait autre chose que simplement le physique. Il y avait aussi le doute, et c’est ce qui m’a envoûté.” L’incertitude inhérente à l’escalade, et le conflit émotionnel que cela provoque, lui donne un sentiment d’accomplissement contrairement à ce qu’il ressentait en compétition de gymnastique. “Si on est sûr d’accomplir quelque chose, pour moi cela ne signifie rien. Si le doute existe, le risque existe, et ce risque rend les choses bien plus piquantes, plus excitantes.”








“Ça a été un coup de foudre,” se souvient-il.

Episode 5 Media Til6
Episode 5 Media Til6 Episode 5 Media Til6 Episode 5 Media Til6
C’est un beau matin d’automne ensoleillé à Fontainebleau, et Jacky se tient pieds nus sur les tapis de la salle d’escalade Karma. Situé à la périphérie de la ville, ce complexe sportif à poutres en acier et toiture en tôles est installé dans un décor de bâtiments militaires lentement reconquis par la forêt. Ouvreur officiel de l’équipe de la Fédération française d’escalade, Jacky travaille ici dans une partie dédiée à l’entraînement des grimpeurs de haut niveau, et crée des passages dans le but d’offrir de nouveaux défis aux corps et aux esprits des grimpeurs.

“Il n’y a pas de recette particulière pour la créativité,” déclare-t-il, en expliquant le processus d’élaboration d’une nouvelle voie. “Il existe beaucoup de petites astuces pour stimuler la créativité. La première, c’est de toujours garder la joie de la grimpe. J’essaie de dessiner sur le mur quelque chose qui étonne. Puis quand j’ai dessiné quelque chose d’étonnant, j’essaie d’y insérer des mouvements. Puis avec ces mouvements, j’ajuste la difficulté aux personnes qui vont grimper la voie.”

Plus tard dans la journée, les membres de l’équipe française d’escalade sur blocs s’affrontent en compétition de manière fictive pour s’entraîner, et Jacky peaufine ses voies. La tête inclinée et les mains mimant la gestuelle, il ressemble davantage à un artiste qu’à un athlète. Ses yeux bleu clair donnent l’impression de regarder à travers le mur et de deviner les possibilités invisibles derrière chaque prise, ou même au-delà, jusqu’aux blocs qui lui donnent son inspiration.

Il monte sur une échelle, visse d’une main en tenant quelques vis entre ses lèvres. Se déplaçant de voie en voie, il retire une prise, en ajoute une autre, pivote d’un tiers de tour. Il pose ses mains sur les prises, considérant les angles. Finalement, une fois satisfait du résultat, il redescend en sautant d’un bond sur les tapis. Un court instant après, muni d’une paire de baskets et d’un tapis de bloc, il se dirige vers la porte et le voilà parti dans les bois.









“Il n’y a pas de recette particulière pour la créativité,” déclare-t-il. “J’essaie de dessiner sur le mur quelque chose qui étonne."

Bien qu’à seulement une soixantaine de kilomètres de Paris, la forêt de Fontainebleau est un monde à part, à l’écart de la capitale cosmopolite. Cette forêt s’étend sur 25 000 hectares. Créée comme lieu de retraite pour les monarques, elle a acquis sa renommée grâce aux artistes, et reste un site préservé qui permet aux Parisiens de s’échapper du contexte urbain et de profiter d’un magnifique cadre naturel.

“La forêt, c’est les poumons de Paris,” assure Jacky. “Ça a été une source d’inspiration pour les peintres, pour les écrivains et puis après, pour les grimpeurs. Je crois que c’est pas seulement à cause des rochers, mais simplement à cause de la forêt elle-même.” C’est vrai que cet endroit a quelque chose de magique. Des routes peu fréquentées serpentent entre d’imposantes frondaisons d’ormes, et les sentiers, y compris les Sentiers Denecourt, tracés pour la première fois dans les années 1840, permettent d’explorer les milliers de formations rocheuses qu’offre la forêt.

Les blocs, avec leurs parois de grès lisses et leurs prises délicates, ont prouvé qu’ils pouvaient être un support exigeant dans l’apprentissage des mouvements d’escalad. "Ils sont techniquement d’une difficulté extrême, ils ont une existence propre. Alors que pendant longtemps c’était juste une façon de pratiquer quelque chose de différent, à présent c’est devenu un objectif en soi,” constate Jacky. “Grimper ici, ça suffit.”

THE BDTV FILM TOUR


Join us for free beer, food and the premiere of the first season of BDTV. At each stop of the BDTV Film Tour, we'll screen the next three episodes of BDTV, host a slideshow by a Black Diamond athlete and hold a raffle for Black Diamond gear and apparel.

TOUR DATES

NORTH AMERICA 
April 14, 2016 – Black Diamond Store: Salt Lake City, UT 
April 16, 2016 – Calgary Climbing Centre: Calgary, AB 
April 21, 2016 – Outdoor Gear Exchange: Burlington, VT 
April 21, 2016 – Wilderness Exchange: Denver, CO 
April 28, 2016 – Neptune Mountaineering: Boulder, CO
May 3, 2016 – Austin Bouldering Project: Austin, TX 
May 5, 2016 – Rock/Creek Outfitters: Chattanooga, TN 
May 12, 2016 – Feathered Friends: Seattle, WA 
May 12, 2016 – Momentum Indoor Climbing Lehi: Lehi, UT 
May 28, 2016 – Summit Hut: Tucson, AZ

EUROPE 
14 April 2016 — Balmelli: Lugano (CH) 
20 April 2016 — Bächli: Zurich (CH) 
21 April 2016 — Bächli: Basel (CH) 
22 April 2016 — O'block: Bern (CH) 
26 April 2016 — Addnature: Sthlm (SE) 
26 April 2016 — Terre de Montagne: Ville-la-Grand (FR) 
27 April 2016 — Sportsnett: Oslo (NO) 
27 April 2016 — Expé: Lyon at L'ESCALE (FR) 
28 April 2016 — Vertic Outdoor: Barcelona (ES) 
12 June 2016 — On Sight: Stams (AT) 
9 July 2016 — Naturzeit: Ludwigsburg (DE)  

 

Preperation
Preperation Preperation Preperation
DIFFERENT SUMMITS PRESENTED DIFFERENT CHALLENGES. Some, like Sylarna, were more technical. Simpler peaks were made much more challenging by bad weather: Henrik was nearly stranded on Väjrakliehpie (1036 m) when the batteries on both his watch and phone died, leaving him in a whiteout without GPS. Others were difficult only because of the approach. The most remote summit in the North of Jämtland, Sandfjället (1230 m), required a 40-kilometer approach each way.

“You get used to it after a while,” Henrik says of the long approaches. “You just have to pack up and start walking. If you put one foot in front of the other, you will get there sooner or later. And 16 hours, maybe it sounds like a long time, but there are some people working 16 hours a day, and that’s probably a lot harder than walking. I love the feeling of being on my own, the silence and the time to think.”

And while Henrik climbed many of the peaks alone, for the final peak he brought along all the people who had made the project possible. Having chosen Blåuhammeren—a relatively easy walkup with a well-equipped mountain hut near the summit—he invited family, friends, colleagues and ski partners along for a celebration. Henrik and his partner Matilda took turns pulling a sled with their son Mio bundled up inside. And on the summit, Henrik and Mattias Skantz popped champagne to celebrate.



“The project was about finding new things,” Henrik said the next day. “But you can find yourself in it. I’m another person now than six years ago.”

Words: Alex Hamlin
Photography: Mattias Fredriksson
Videography: Spindle